Je sais qu’un jour je chevaucherais sur mes terres. Il ne sera alors plus question de retour. Tout sera fini, le grand rêve qui me hante depuis trop longtemps sera accompli. Les champs hébergeront de nouveau les troupeaux et les chemins ne seront plus que de terre et d’herbes folles.
Je sais aussi que ce jour sera le symbole de bien des dangers. Le monde sera devenu fou et ces terres un asile pour ceux qui aiment la vie. Combien de temps vivrons nous retirer du monde ? Peut on exister loin de leur furie ?
Cette folie destructrice ne peut être combattu que par une autre folie. Les cauchemars ne se gagnent que par les rêves. Alors tant qu’ils seront assez fous pour la détruire, nous serons assez fous pour la chérir. Car à la fin, quand tout sera terminé c’est elle qui gagne. Dans nos cœurs nous saurons que nous n’avons pas failli, nous n’aurons aucun remord.
Eux ne pourront pas dire cela. Comme tous les autres au crépuscule de la vie ils comprendront leurs erreurs, et ce sera à nous de pardonner. Pour ne jamais leur ressembler, pour ne pas les laisser gagner.
29 décembre 2002, St Antoine Cumond
Vous en parlez si bien...