Mercredi 12 novembre 2008
Dans l'avion, les passagers me font rentrer peit à petit dans la situation de
minorité : inversement numérique. Les conversations sont touojours les mêmes dans les avions de retour au Pays. J'avais déjà eu l'occasion de vivre cela lors d'un départ estivale vers le Protugal
: Nouvelles de la famille, difficulté de trouver les cadeux, difficulté de les faire rentrer dans la soute, surcharge des bagages, prix des billets. Mais comme à cette époque, c'est surtout
l'exaspération de ce touriste suffisant qui retourne chez lui à moindre coût en souhaitant des attentions de roi qui me saisit.
Nouvelles banalités conventionnelles. L'utilisation de la langue natale n'est pas suffisante pour cacher leur européanité. Ils sont blessés à l'intérieur, ils m'aparaissent soudain mesquins,
vantards, suffisants : blancs !
Je pense à mes bagages, dernier lien qui me rattache à elle. Habitué à rencontrer de nouvelles personnes, je reste pourtant muet. J'observe, j'écoute, je divague, je l'aime.
Au fil des arrêts la temparature augmente. Enfin le pilote annonce la fin de ce préambule : Cotonou, 0h30, 26° C à l'extérieur. Les formalités administratives commencent. C'est aussi l'occasion
de voir les premiers changements : Une arrogance nouvelle s'empare de certains. Ils ne sont pas n'importe qui, ici ! Habitués à n'être personne ailleurs.
Par Kainto
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Je viens d'embarquer dans l'avion qui me conduit vers le continent africain. Je vais avoir 30 ans. L'âge de raison pour un français. L'âge des choix de la révolte ou de la soumission. Il me faut
sortir des sentiers battus, aller vers mon intériorité et écouter la voix. J'ai écouté de nombreuses voix : la voix du père, la voix du maitre, la voix des muses, la voix du mentor et sa voix à
elle.
Il est temps que je m'exprime, que je m'écoute. Révolte banale du trentenaire moyen. Devant la glace qui me conduit au couloir d'embarquement je découvre la puérilité de cette convenance. A
vouloir me révolter, je suis un révolté banal et conventionnel. Alors je pars en Afrique, enfin !
J'ai hésité, j'ai titubé et maintenant je vais à la recherche de mon vendredi. Un bon sauvage qui me fera comprendre toutes les valeurs fondamentales que je suis sensé avoir perdu. Un saut
nécessaire avant cet avennir que je vais devoir affronter, celui qu'elle veut me faire faire, que je veux qu'elle me fasse faire.
Par Kainto
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Ils me parlent et ils m'appellent
J'ai oublié message et alphabet
Ils me parlent et ils m'appellent
Intérieur réveillé au rythme des djembés
Cotonou, Juillet 2005
Par Kainto
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