Le retour d'un phantôme
Au début les voyages en train vous apportent une nouvelle sérénité. Quel calme, quelle tranquilité et le survol des périphériques vous confortent dans votre choix. Ah qu'il est doux de voyager avec la SNCF.
Et puis comme dans toutes les histoires d'amour le quotidien s'installe et vous commencez à être lasser des conversations des autres voyageurs. L'impression d'entendre toujours la même chose, alors en l'absence d'un distributeur de surdité appelé i-pod vous vous endormez. Une douce somnolence avec le paysage en fond d'écran. C'est dans cet état que sa voix m'a fait tressaillir.
Je la connais, je connais la propriétaire de cette voix. Je regarde discrètement et je m'aperçois que je me suis trompé. Je ne la connais pas, alors pourquoi ce réveil un peu brusque ?
Maintenant que je suis réveillé, cette question m'obsède alors je me met à écouter le contenu de la conversation pour savoir qui j'ai cru reconnaitre. Ma méprise vient de là, ce n'est pas la voix que j'ai reconnue c'est l'intonation.
L'intonation d'une femme trahie qui ne pleurera plus. Le son de ce sentiment plus fort que la haine qui nous anime lorsque la relation à l'autre est terminée. Tant que l'on croit que quelque chose peut renaître, on peut encore être touché, on peut encore rire et pleurer. Mais quand tout est fini et que vous l'avez compris, alors il ne reste plus rien. Juste cette intonation de cette femme que j'avais croisé et que j'avais cru raccrocher à la vie mais qui a préferé m'abandonner pour me protéger de cette cruauté suprême : ne plus pouvoir aimer.
