Malaisie Tour
Pourquoi la Malaisie me diriez vous ? Je n'ai pas de réponse à cela. Ce pays évoque pour moi la beauté de l'Asie et la violence en même temps. Vous pouvez changer le lieu mais cela ne change pas l'histoire.
L'absence de barricades et de soldats en arme aurait permis de se croire dans un lieu touristique comme bien d'autres avec ses successions de bâtiments et de piscine. Mais le silence qui régnait sur ce lieu suffisait à faire comprendre la situation. Le temps de vacances était terminé et ce lieu allait désormais être témoin de la folie des hommes.
En descendant vers la première barricade j'essaye de voir si les troupes insurgées sont déjà là. Je connais le danger, je suis sur le point de quitter le pays. Une dernière fois je descend jusqu'au point de contrôle. J'ai découvert cet endroit avec cette mission et je suis encore sous le charme, malgré les tumultes et malgré la peur. Cette tension m'attire encore plus.
Je souris à la mine du garde. Il s'est résigné à me voir débouler à n'importe quel moment. Je sais que la présence d'un étranger est interdite mais quelques billets et deux bouteilles de whisky m'ont permis d'obtenir cette autorisation. Je sens pourtant son visage plus tendu et je découvre que la peur a une odeur.
La première fusillade qui éclate fait voler en éclats les pots de fleurs devant moi. Je ne comprends pas les mots de mon ami garde mais de sa main il m'indique de remonter et de rester à couvert. Je me plaque contre le mur et malgré le tremblement de mes jambes, je tends le bras. Je laisse dépasser l'objectif de mon appareil photo, mon doigt appuyé sur le déclencheur.
Ces quelques secondes semblent durer des heures. Il me faut remonter à toute allure dans ma chambre. La question de mon départ ne se pose plus. Je connecte ma carte mémoire sur l'ordinateur et je lance la connexion. Je ne sais pas si elles arriveront jusqu'à mon correspondant, je ne sais même pas si elles sont exploitables.
Yina m'attend à l'entrée de la chambre. Je prends mon sac et nous courrons vers la sortie de secours. Je ne sais pas combien de temps vont tenir les barrages mais nous devons désormais nous enfuir. Nous choisissons la jungle et nous ne cherchons pas à nous retourner.
